Maladie de Sever et football : pourquoi votre enfant footballeur a mal au talon
Posted by : Christophe De Flaugergues | On : 17 mai 2026Votre enfant joue au foot et se plaint régulièrement de douleurs au talon, après l'entraînement ou le match ? Il boite parfois en rentrant ? Avant de paniquer ou de mettre ça sur le compte de la fatigue, sachez que dans la majorité des cas chez un jeune footballeur entre 7 et 14 ans, c'est la maladie de Sever qui est en cause. Pas grave, mais à prendre en charge correctement pour éviter qu'elle ne s'installe sur des mois.
L'essentiel en 30 secondes
Le football est un déclencheur classique de la maladie de Sever (apophysite calcanéenne) chez l'enfant entre 7 et 14 ans : course répétée, sauts, accélérations, terrain dur et crampons concentrent les chocs sur le talon. Avec un protocole adapté (Coque Sever + chevillière + semelles + étirements), 98 % des enfants reprennent le foot à 100 % sans douleur en 3 mois. L'arrêt sportif est personnalisé selon le niveau de douleur évalué au premier rendez-vous, rarement plus d'un mois. Attention : sans traitement, la pathologie peut persister jusqu'à la fin de la croissance et, dans les cas négligés, évoluer vers des complications nécessitant une chirurgie.
Pourquoi le football déclenche autant la maladie de Sever
La maladie de Sever, ou apophysite calcanéenne, est une inflammation du cartilage de croissance situé à l'arrière du talon (sur l'os calcanéum). Ce cartilage est sollicité à chaque pas par la traction du tendon d'Achille. Et le foot, malheureusement pour le talon de votre enfant, cumule presque tous les facteurs aggravants connus.
Course répétée
Un jeune footballeur court 4 à 8 km par match, en alternant marche, sprint, accélérations. Chaque foulée concentre des chocs au talon.
Sauts et appuis brusques
Tête, contrôles, changements de direction : autant de moments où le talon encaisse 3 à 5 fois le poids du corps.
Crampons sur terrain dur
Les crampons concentrent l'appui sur des points précis. Sur sol synthétique ou pelouse sèche, l'amorti naturel disparaît.
Volume d'entraînement
2 à 4 entraînements + 1 match par semaine en club, c'est souvent trop pour un talon en pleine croissance entre 8 et 12 ans.
Poussée de croissance
Pendant les pics de croissance, les os grandissent plus vite que les muscles. Le tendon d'Achille devient tendu et tire sur le talon.
Mollets raides
Les jeunes footballeurs ont souvent un triceps sural raccourci, ce qui amplifie la traction sur le cartilage de croissance.
Un chiffre qui parle : on estime qu'environ 1 jeune footballeur sur 4 en âge U9-U13 connaît au moins un épisode de Sever pendant sa carrière junior. C'est l'une des deux pathologies de croissance les plus fréquentes chez les enfants sportifs, avec la maladie d'Osgood-Schlätter (au genou).
Y a-t-il des postes plus touchés que d'autres ?
Tous les postes sont concernés, mais certains exposent davantage à la pathologie en raison de leurs déplacements types :
| Poste | Pourquoi à risque | Niveau de risque |
|---|---|---|
| Milieu de terrain | Le plus grand volume de course du match | 🔴 Élevé |
| Attaquant | Accélérations explosives, frappes, appels en pointe | 🟠 Élevé |
| Latéral (défenseur côté) | Monte et redescend en permanence le couloir | 🟠 Modéré-élevé |
| Défenseur central | Moins de course mais beaucoup de sauts et de têtes | 🟡 Modéré |
| Gardien | Sauts, plongeons, mais peu de course | 🟢 Faible |
Si votre enfant est milieu ou attaquant et qu'il enchaîne plusieurs entraînements par semaine, surveillez particulièrement les signes de fatigue au talon en fin de séance.
Les 5 signes qui doivent vous alerter chez un jeune footballeur
La maladie de Sever a des signes très typiques. Voici comment la reconnaître chez un enfant qui joue au foot :
- Douleur précise à l'arrière du talon qui apparaît pendant ou juste après le match, et qui disparaît au repos.
- Boiterie en rentrant du foot ou en début de matinée le lendemain d'un entraînement.
- Plainte à l'enfilage des crampons ou douleur dès les premières minutes d'échauffement.
- Marche sur la pointe des pieds instinctivement, pour soulager le talon.
- Sensibilité à la palpation latérale du talon : pincez doucement les deux côtés du talon entre pouce et index, votre enfant grimace = test positif (squeeze test).
Ce qui n'est PAS de la Sever : douleur la nuit, douleur permanente même au repos, gonflement important, fièvre, rougeur. Dans ces cas, consultez rapidement pour éliminer une autre cause.
Quand consulter et que faire en attendant
Vous pouvez observer 1 semaine si : la douleur reste légère, n'apparaît qu'à l'effort, votre enfant marche normalement le matin. Mettez de la glace 15 min après le match, réduisez les sauts/accélérations à l'entraînement, et observez l'évolution.
Consultez si :
- La douleur dure depuis plus de 15 jours malgré la glace et la baisse d'intensité ;
- Votre enfant boite au quotidien, pas seulement après le foot ;
- Il a déjà réduit ou arrêté les entraînements à cause du talon ;
- Le squeeze test est très douloureux ;
- Il commence à compenser (marche sur la pointe, raideur du dos).
Doit-il arrêter le football ?
L'arrêt complet du foot est rarement nécessaire, et peut même être contre-productif (perte de motivation, perte de niveau, mal-vécu chez l'enfant). Mais il existe des cas où une pause est indispensable.
L'arrêt sportif est strictement personnalisé. Il dépend du niveau de douleur évalué au premier rendez-vous par l'orthopédiste-orthésiste : intensité de la douleur, ancienneté des symptômes, retentissement sur la marche au quotidien. Cela peut aller de quelques jours (douleur légère, prise en charge tôt) à un mois maximum (douleur sévère, pathologie installée depuis longtemps). Aucun arrêt prolongé au-delà.
Les grandes lignes typiques d'adaptation, à ajuster selon votre enfant :
Phase initiale d'adaptation
- Pause des matchs et des séances de sprint/sauts pour la durée déterminée par l'orthopédiste-orthésiste ;
- Maintien de l'entraînement sous forme adaptée : passes, jeu au pied, technique sans course intense ;
- Activités à faible impact autorisées : vélo, natation, vélo elliptique ;
- Décharge mécanique du talon avec la Coque Sever Orthorepass au quotidien (école, sport, loisirs).
Phase de reprise progressive
- Reprise progressive des entraînements normaux avec la Coque dans les crampons (elle est conçue pour) ;
- Retour aux matchs dès que les séances passent sans douleur ;
- Étirements quotidiens du triceps sural et des ischio-jambiers ;
- Suivi à 6 et 12 semaines pour valider la guérison complète.
Bon à savoir : beaucoup de joueurs pros (Marcus Rashford, Jordan Henderson, Raphaël Varane, Randal Kolo Muani) ont connu Osgood-Schlätter ou Sever pendant leur formation. Bien prise en charge, la pathologie n'empêche pas une carrière sportive de haut niveau. En revanche, ignorée ou mal traitée, elle peut s'aggraver et nécessiter à terme une chirurgie, ce qui, elle, peut compromettre la pratique sportive intensive.
Notre protocole en 3 mois pour les jeunes footballeurs
Depuis 2017, Orthorepass a soigné plus de 5 000 enfants sportifs, dont une grande majorité de jeunes footballeurs de clubs amateurs et de centres de formation. Notre protocole personnalisé en 3 mois, breveté et validé par une étude clinique au CHU Purpan, permet à 98 % des enfants de reprendre le foot à 100 % sans douleur, avec un arrêt limité à 1 mois maximum.
Un traitement en 4 axes
Coque Sever Orthorepass
Coque thermoformée brevetée qui décharge mécaniquement le calcanéum. Se porte au quotidien et dans les crampons pendant l'entraînement.
Chevillière de soutien
Stabilise la cheville et le tendon d'Achille pendant le retour au foot, limite la fatigue tendineuse et prévient la rechute.
Semelles amortissantes
Complètent la décharge en répartissant les chocs sur l'ensemble du pied. Indispensables sur les pieds plats ou en hyperpronation.
Suivi personnalisé 3 mois
4 rendez-vous (cabinet ou visio), étirements quotidiens en vidéo, plan de reprise sportive adapté à la position de votre enfant.
Prise en charge Sécurité sociale : nos dispositifs sont inscrits à la LPP. Sur ordonnance, vous bénéficiez d'une prise en charge Sécurité sociale + mutuelle. Reste à charge entre 0 et 70 € selon votre couverture.
3 conseils pour prévenir la rechute chez le footballeur
- Choisissez les bonnes chaussures. Pour les entraînements sur terrain dur ou en salle, privilégiez des chaussures avec un bon amorti talon. Les crampons sont à garder pour les matchs sur herbe humide. Évitez les crampons trop usés (l'amorti diminue avec le temps).
- Faites les étirements quotidiens. Triceps sural, ischio-jambiers, fascia plantaire. 5 minutes par jour suffisent. Idéalement, votre enfant les fait après la douche, en regardant un match à la télé.
- Adaptez la charge en période de croissance. Si votre enfant grandit vite (vêtements qui ne lui vont plus vite), c'est le moment d'être vigilant. Réduisez temporairement les séances de sprint et privilégiez le travail technique.
Foire aux questions
Mon fils a 9 ans, joue au foot 3 fois par semaine et a mal au talon. C'est forcément Sever ?
Dans cette tranche d'âge avec ce volume d'entraînement, Sever est la cause de loin la plus fréquente de douleur au talon. Mais il existe d'autres causes possibles : tendinopathie d'Achille (rare avant 14 ans), fracture de fatigue (rare aussi), ou tout simplement chaussures inadaptées. Une palpation du talon par un professionnel (médecin du sport, orthopédiste-orthésiste, pédiatre) permet de confirmer en 5 minutes.
Peut-il continuer à jouer les matchs pendant le protocole ?
Cela dépend du niveau de douleur évalué lors du premier rendez-vous. Pour une douleur légère, l'enfant peut continuer presque normalement avec quelques aménagements (Coque Sever dans les crampons, allègement des séances de sprint). Pour une douleur plus sévère, un arrêt temporaire des matchs et des séances de sprint peut être nécessaire pendant quelques jours à quelques semaines, suivi d'une reprise progressive. L'arrêt total est toujours limité à 1 mois maximum pour ne pas perdre la motivation ni le niveau. La Coque Sever se porte dans les crampons sans gêner le jeu.
La Coque Sever rentre dans les crampons ?
Oui. La Coque Sever Orthorepass est thermoformée à la morphologie de votre enfant et a une épaisseur réduite spécifiquement étudiée pour s'adapter aux chaussures de sport, y compris les crampons. Aucun footballeur de notre cohorte n'a abandonné le protocole pour incompatibilité avec ses chaussures.
Mon enfant a aussi mal au genou en plus du talon. C'est lié ?
Probablement ! Si votre enfant a mal au genou en plus du talon, il souffre peut-être en plus de la maladie d'Osgood-Schlätter, qui appartient à la même famille de pathologies de croissance (les apophysites). Un footballeur peut très bien avoir Sever ET Osgood en même temps si plusieurs zones de croissance sont sollicitées par son sport. Découvrir le protocole Osgood-Schlätter.
Combien de temps dure la maladie de Sever sans traitement ?
Sans prise en charge adaptée, la maladie de Sever peut persister jusqu'à la fin de la croissance osseuse du calcanéum, soit généralement vers 13-15 ans (parfois plus). Pire scénario : si la pathologie est ignorée trop longtemps ou mal soignée, elle peut s'aggraver et nécessiter une chirurgie (rare mais possible, et lourde de conséquences pour la pratique sportive). Avec un protocole adapté combinant décharge mécanique + étirements + reprise sportive encadrée, on raccourcit cette durée à 3 mois en moyenne avec très peu de risque de rechute.
Est-ce que ça peut empêcher mon enfant de faire une carrière dans le foot ?
Non, à condition d'être bien prise en charge. La maladie de Sever est une pathologie sans séquelle quand elle est traitée correctement pendant la croissance. De nombreux joueurs professionnels (Marcus Rashford, Jordan Henderson, Raphaël Varane, Randal Kolo Muani, et d'autres) ont connu Sever ou Osgood-Schlätter pendant leur formation.
Mais ATTENTION : ignorée ou mal soignée, la pathologie peut s'aggraver et évoluer vers une complication nécessitant une chirurgie. C'est cette chirurgie, plus que la pathologie elle-même, qui peut compromettre la pratique sportive intensive à l'âge adulte. D'où l'importance d'un diagnostic précoce et d'un protocole adapté.
Faut-il une radiographie pour le diagnostic ?
Pas systématiquement. Le diagnostic de la maladie de Sever est essentiellement clinique : interrogatoire (âge, sport, type de douleur) + examen physique avec palpation et squeeze test. La radiographie peut être utile uniquement en cas de doute avec une fracture de fatigue ou pour éliminer une autre pathologie (rare).
En résumé
Le foot est un déclencheur classique mais parfaitement gérable de la maladie de Sever chez l'enfant. Le bon réflexe : repérer tôt les signes (douleur précise au talon à l'effort, boiterie après match, squeeze test positif), ne pas laisser traîner en pensant que ça va passer tout seul, et démarrer un protocole adapté. Sans traitement, la pathologie peut persister jusqu'à la fin de la croissance et, dans les cas négligés, évoluer vers des complications nécessitant une chirurgie. Avec la bonne prise en charge, votre enfant peut continuer le foot et finir la saison sans douleur.
Christophe De Flaugergues
Fondateur d'ORTHOREPASS, Christophe est spécialiste des pathologies de croissance chez le jeune sportif. Depuis près de 10 ans, il accompagne les familles dans le traitement d'Osgood-Schlätter et de la maladie de Sever depuis son cabinet médical à Toulouse.