Tennis et apophysites de croissance : risques et précautions pour les jeunes joueurs
Posted by : Christophe De Flaugergues | On : 5 juin 2026
Votre enfant joue au tennis en club et se plaint de douleurs au genou ou au talon après les entraînements ? Vous vous demandez si c’est normal ou si vous devez vous inquiéter ? Le tennis est un sport exigeant pour les jeunes athlètes en croissance. Découvrez comment reconnaître les premiers signes d’une apophysite, comprendre les risques spécifiques au tennis et mettre en place des précautions concrètes pour protéger votre enfant.
L’essentiel en 30 secondes
Le tennis expose les enfants à des risques d’apophysites (Osgood-Schlätter au genou, Sever au talon) en raison des démarrages explosifs, sauts au service et sollicitations répétées. Reconnaître les signes précoces (douleur après l’effort, gonflement, raideur) permet une prise en charge rapide. Notre protocole combine équipement spécialisé, rééducation guidée et accompagnement personnalisé pour 98% de reprise sportive sans douleur en 3 mois, sans arrêt prolongé du sport.
Pourquoi le tennis est particulièrement à risque chez l’enfant
Le tennis est l’un des sports les plus exigeants pour les jeunes athlètes en croissance. Contrairement à des sports continus comme la course à pied, le tennis impose des changements de direction brusques, des démarrages explosifs et des arrêts secs qui concentrent d’énormes forces sur les articulations.
Chez l’enfant, les zones de croissance osseuse (apophyses) sont particulièrement vulnérables. Ces zones sont plus molles et moins résistantes que l’os mature, ce qui les rend sensibles aux microtraumatismes répétés. Au tennis, plusieurs facteurs amplifient ce risque :
- Les sauts au service : le service demande une extension explosive du genou et de la cheville, générant des forces de 2 à 3 fois le poids du corps.
- Les déplacements latéraux : les changements de direction rapides sollicitent intensément les tendons et les zones de croissance.
- Les sols durs : les courts en béton ou en dur amplifient l’impact et les vibrations transmises aux articulations.
- Le volume horaire : les enfants qui jouent 3 à 5 fois par semaine en club cumulent les sollicitations sans toujours laisser le temps à leur corps de récupérer.
- La croissance rapide : entre 10 et 16 ans, la croissance osseuse s’accélère, créant des déséquilibres musculaires temporaires qui augmentent la tension sur les apophyses.
Ces facteurs combinés expliquent pourquoi le tennis figure parmi les sports les plus associés aux apophysites de croissance chez l’enfant. Environ 1 million d’enfants par an sont touchés par ces pathologies en France, et les jeunes tennismen représentent une part significative de cette population.
Les 2 pathologies que nous voyons le plus souvent chez les jeunes tennismen au cabinet
Au cabinet Orthorepass, nous accueillons régulièrement de jeunes tennismen souffrant de deux apophysites majeures, directement liées aux gestes spécifiques du tennis.
L’apophysite d’Osgood-Schlätter (douleur au genou)
C’est la plus fréquente chez les jeunes tennismen. Elle affecte la zone où le tendon rotulien s’insère sur le tibia, juste sous la rotule. Le service au tennis, avec son extension explosive du genou, est un geste particulièrement agressif pour cette zone. La douleur apparaît généralement après les entraînements ou les matchs, au-dessous de la rotule, et peut s’accompagner d’une petite bosse palpable.
Découvrez plus de détails sur notre guide complet sur l’apophysite d’Osgood-Schlätter.
L’apophysite de Sever (douleur au talon)
Elle touche la zone d’insertion du tendon d’Achille sur le talon. Chez le jeune tennisman, les sauts répétés au service et les accélérations latérales sollicitent intensément ce tendon. La douleur se manifeste au talon, surtout après l’effort, et peut rendre les appuis douloureux.
Consultez notre ressource dédiée à l’apophysite de Sever chez l’enfant sportif.
Ces deux pathologies partagent une caractéristique commune : elles sont liées à la croissance et disparaissent naturellement à la fin de la croissance. Cependant, sans prise en charge adaptée, elles peuvent devenir chroniques et compromettre la pratique du sport pendant plusieurs mois.
Reconnaître les premiers signes : 5 symptômes à surveiller chez votre enfant tennisman
La détection précoce est essentielle pour éviter que la douleur ne s’aggrave. Voici les 5 signes d’alerte à surveiller chez votre enfant :
Douleur après l’entraînement
La douleur apparaît ou s’intensifie après les séances de tennis, particulièrement après les jours où votre enfant a beaucoup travaillé le service ou les déplacements latéraux.
Gonflement ou rougeur
Vous remarquez une légère enflure, une rougeur ou une chaleur au-dessous de la rotule (Osgood) ou au talon (Sever). Cette inflammation est la réaction du corps aux microtraumatismes répétés.
Raideur matinale
Votre enfant se plaint de raideur ou de douleur le matin au réveil, ou après une période d’inactivité. Cette raideur disparaît généralement après quelques minutes de mouvement.
Modification du geste technique
Vous observez que votre enfant change sa façon de jouer : il évite certains gestes (comme le service puissant), boite légèrement ou se plaint de douleur lors de mouvements spécifiques.
Baisse de performance
Votre enfant perd en puissance, en vitesse ou en endurance. Il se fatigue plus vite ou refuse de jouer certains jours sans raison apparente autre que la douleur.
Douleur persistante malgré le repos
Contrairement à une simple fatigue musculaire, la douleur persiste même après quelques jours de repos et revient dès que votre enfant reprend le tennis.
Si vous observez un ou plusieurs de ces signes, il est important de consulter rapidement. Une prise en charge précoce peut éviter que la situation ne s’aggrave et permettre à votre enfant de continuer à jouer sans douleur.
Faut-il arrêter le tennis ou continuer ?
C’est la première question des parents quand le diagnostic tombe. La réponse, dans la grande majorité des cas : non, il ne faut pas arrêter complètement. Un arrêt sportif total et prolongé est rarement nécessaire et peut même être contre-productif pour un jeune passionné qui construit son identité autour du tennis.
Notre approche au cabinet : un arrêt sportif strictement personnalisé selon le niveau de douleur évalué au premier rendez-vous, jamais au-delà d’un mois maximum. Concrètement, la durée dépend de trois facteurs : l’intensité de la douleur sur l’échelle EVA, l’ancienneté des symptômes et le retentissement sur la marche au quotidien. Une douleur légère prise en charge tôt peut ne nécessiter que quelques jours de mise au repos. Une douleur sévère sur une pathologie installée depuis longtemps peut aller jusqu’à un mois d’arrêt complet, mais jamais davantage.
Dans tous les cas, l’objectif est de maintenir l’enfant engagé dans son club, ses copains et sa progression technique, tout en donnant aux structures de croissance le temps de cicatriser. La section suivante détaille notre prise en charge complète.
5 précautions concrètes pour limiter les risques
Au-delà de la prise en charge d’une douleur existante, la prévention est essentielle. Voici 5 mesures concrètes que vous pouvez mettre en place dès maintenant pour protéger votre enfant :
1. Investir dans des chaussures de tennis adaptées
Les chaussures jouent un rôle crucial dans l’absorption des chocs et la stabilité. Privilégiez des chaussures de tennis spécialisées (pas des baskets classiques) avec un bon amorti au talon et une semelle intermédiaire de qualité. Changez les chaussures tous les 500 à 600 km de jeu, soit environ tous les 6 à 8 mois pour un enfant qui joue régulièrement.
2. Varier les surfaces de jeu
Si possible, alternez entre les courts en dur, en terre battue et en gazon synthétique. La terre battue et le gazon synthétique absorbent mieux les chocs que le béton. Limitez les séances intensives sur les courts les plus durs, surtout pour les enfants en croissance rapide.
3. Respecter un volume d’entraînement progressif
Suivez la règle des 10% : n’augmentez le volume d’entraînement que de 10% par semaine. Si votre enfant joue 3 heures par semaine, ne passez pas à 5 heures d’un coup. Une progression trop rapide est l’une des causes principales des apophysites.
4. Mettre l’accent sur l’échauffement et les étirements
Un échauffement de 10 à 15 minutes avant chaque séance (course légère, étirements dynamiques) prépare les muscles et les tendons à l’effort. Après l’entraînement, des étirements statiques de 10 minutes aident à la récupération. Insistez particulièrement sur les étirements des quadriceps, des ischio-jambiers et du mollet.
5. Faire des étirements quotidiens et porter des semelles amortissantes
Des étirements quotidiens du triceps sural, des ischio-jambiers et du quadriceps (5 à 10 minutes par jour) assouplissent la chaîne musculaire postérieure et réduisent les tractions sur les apophyses de croissance. En complément, l’ajout d’une paire de semelles amortissantes Sorbothane dans les chaussures de tennis amortit les chocs au talon et au genou pendant les séances et limite la fatigue tendineuse. Des exercices simples comme les squats, les fentes et le gainage peuvent faire une grande différence.
Notre protocole
Chez Orthorepass, nous avons développé une approche complète et éprouvée pour permettre aux jeunes tennismen de reprendre leur sport sans douleur. Notre protocole combine quatre piliers essentiels, soutenus par une équipe dédiée et un suivi personnalisé.
Pack de produits Orthorepass
Orthèse spécialisée (Osgood ou Sever selon la pathologie), genouillère ou chevillière de compression, semelles amortissantes et poche à glace réutilisable pour la gestion de l’inflammation.
Rééducation guidée
Programme d’étirements ciblés (triceps sural, ischio-jambiers, quadriceps) en vidéo, adapté à votre enfant et à son niveau. Suivi hebdomadaire pour ajuster les exercices selon la progression.
Accompagnement à la reprise d’activité
Plan personnalisé de retour progressif au tennis, avec des étapes claires : reprise légère, augmentation progressive de l’intensité, retour aux gestes spécifiques (service, déplacements latéraux).
Suivi personnalisé
4 rendez-vous au cabinet ou en visio sur 3 mois pour évaluer la progression, ajuster l’équipement et répondre aux questions de votre enfant et de sa famille.
Foire aux questions
Mon enfant a mal au genou après le tennis. Est-ce forcément une apophysite d’Osgood-Schlätter ?
Pas nécessairement. Une douleur au genou peut avoir plusieurs origines : fatigue musculaire, entorse légère, syndrome rotulien, ou effectivement une apophysite. Cependant, si la douleur est localisée juste sous la rotule, qu’elle apparaît après l’effort et qu’elle persiste, une apophysite d’Osgood-Schlätter est probable. Une consultation permet de confirmer le diagnostic et d’écarter d’autres causes.
Combien de temps mon enfant doit-il arrêter le tennis ?
Un arrêt complet n’est généralement pas nécessaire. La durée d’arrêt sportif est strictement personnalisée selon le niveau de douleur (échelle EVA) évalué au premier rendez-vous : quelques jours pour une douleur légère prise en charge tôt, jusqu’à un mois maximum pour une douleur sévère sur pathologie installée. Votre enfant peut souvent continuer à jouer en adaptant les gestes les plus agressifs (services explosifs notamment).
Les semelles orthopédiques sont-elles vraiment utiles ?
Oui, les semelles jouent un rôle important dans la réduction de la charge sur les zones de croissance. Elles amortissent les chocs, améliorent l’alignement du pied et réduisent la tension sur le tendon d’Achille et le genou. Elles sont particulièrement efficaces pour l’apophysite de Sever. Un bilan podologique peut être réalisé pour adapter les semelles aux besoins spécifiques de votre enfant.
Peut-on jouer au tennis avec une orthèse Osgood ou une chevillière Sever ?
Oui, c’est même recommandé. Les orthèses et chevillières de compression réduisent l’inflammation, stabilisent la zone affectée et permettent une pratique plus confortable. Votre enfant peut jouer avec l’orthèse, ce qui facilite la reprise progressive sans douleur.
À quel âge les apophysites disparaissent-elles définitivement ?
Les apophysites sont liées à la croissance osseuse et disparaissent naturellement à la fin de la croissance, généralement entre 16 et 18 ans. Cependant, sans prise en charge, elles peuvent devenir chroniques et affecter la pratique du sport pendant plusieurs années. Une prise en charge adaptée accélère la guérison et prévient les complications.
Faut-il un bilan podologique obligatoire ?
Non, le bilan podologique n’est pas obligatoire. C’est un choix personnel qui peut être utile pour adapter les semelles aux besoins spécifiques de votre enfant. Si vous décidez d’en faire un, vous êtes libre de choisir le podologue de votre choix.
En résumé
Le tennis est un sport exigeant pour les jeunes athlètes en croissance, mais les apophysites qu’il peut causer ne sont pas une fatalité. Reconnaître les premiers signes, adapter l’activité et mettre en place des précautions concrètes permettent à votre enfant de continuer à jouer et à progresser sans douleur.
Les deux pathologies les plus fréquentes, l’apophysite d’Osgood-Schlätter et l’apophysite de Sever, répondent bien à une prise en charge adaptée combinant équipement spécialisé, rééducation et accompagnement personnalisé. Notre protocole au cabinet Orthorepass a permis à 98% des jeunes tennismen de reprendre leur sport sans douleur en 3 mois.
Si votre enfant souffre de douleurs au genou ou au talon après le tennis, ne tardez pas à consulter. Une intervention précoce fait toute la différence.
Christophe De Flaugergues
Fondateur d'ORTHOREPASS, Christophe est spécialiste des pathologies de croissance chez le jeune sportif. Depuis près de 10 ans, il accompagne les familles dans le traitement d'Osgood-Schlätter et de la maladie de Sever depuis son cabinet médical à Toulouse.